Heu-reux !

74 jours, 1 heure, 5 minutes.

Je viens d’arriver aux Sables d’Olonne, heureux de cette belle course, heureux de ce parcours autour du monde.

Heureux d’accueillir Armel et Alex tout à l’heure, ainsi que mes compagnons de navigation que j’ai devancés : yol69, Claude6969 et Melinor de Grand Largue, Cap2pbi, quillou69, EDGE_555 et eleclem de Pierre-Bénite, CCH-74 et C2ny du Lac Léman, AB-64 (Alaric).

Heureux de prendre une vraie douche, de « dormir une année ».

Heureux de retrouver mes clients dès lundi et de les aider à gagner de la visibilité sur Internet.

Share

Vendée #6 – Une trace

Le Vendée globe virtuel me permet de me confronter à ma propre vanité : nous sommes 450 000 passionnés, et comme les autres je continue à me mobiliser, jours et nuit, pour continuer à avancer sur la route et dans le classement. Pourquoi ?

Je me réjouis d’une bonne option, je râle d’un revers, je tempête d’une erreur. Et au fond, ce n’est pas juste : Il en est sur l’eau virtuelle comme dans la vraie vie. Au moment, selon ce que perçois-comprends-connais-désire-imagine, je prends ce qui me semble être la meilleure option ; les moments suivants révèlent le réel qui s’est construit des influences multiples.

Ce qui est très encourageant, c’est que ce futur porte mon empreinte. Je devrais pouvoir reconnaître une trace de mon choix dans ce qu’il advient. Et je dois donc être très attentif à mes actes, afin d’avancer dans notre monde avec le plus grand respect.

Laisser une trace la plus propre (écologique) possible.

Share

Vendée #5

J’ai doublé Alex Thomson sur Hugo Boss, puis passé le cap Horn le matin de Noël, en 900e position. Le même soir, Thomas Coville a bouclé en 49 jours : époustouflant.

L’option « côtière » de la remontée de l’Atlantique Sud me place ce soir à la 650e place, bord à bord avec Armel le Cléac’h à 15 milles. A suivre !

Share

Vendée #4

Voilà un bout que je n’ai pas donné de nouvelles.

Je me suis inquiété du sort de Jean-Pierre Dick, Yann Eliès et Jean le Cam qui ont affronté une tempête mémorable au sud de la Tasmanie. Ils sont tous trois sains et saufs. A cette heure, c’est Yann Eliès, qui a fait le dos rond à la cape par 50 nœuds de vent, qui s’en sort le mieux.

Tout se passe au mieux pour volja : au 40e jour, je m’approche tranquillement de la millième place, au rythme des virements de bord à l’approche d’un anticyclone qui barre la route vers le Cap Horn.

volja-1010

Cap2pbi est décroché, à 50 milles. EDGE_555 s’accroche et me talonne à seulement 5-10 milles. J’ai en ligne de mire Claude6969, de Grand Largue (600e, à 120 milles = petit bonhomme vert au 45).

Thomas Coville, sur Sodebo Ultim’, parti de Brest le même jour que nous, est bientôt à l’équateur …

Share

VMG

VMG = Velocity made good. Ou pourquoi la ligne droite n’est pas toujours le chemin le plus rapide à la voile.

Dans notre Vendée Globe virtuel, cap2pbi doute de ma stratégie qui consiste à tirer des bords (plus précisément des bords au portant, avec de nombreux empannages) le long de la limite d’exclusion antarctique, plutôt que de la longer tout droit. Il écrit : « si je suivais VMG, il me mènerait tout droit en Australie ».  cap2pbi a raison, et tort.

VMG est défini comme la vitesse du bateau dans la direction du vent. Il y a plein d’articles sur le net qui décrivent ça, j’aime bien celui-ci, mais bien sûr il y en a plein d’autres. En gros, ça dit qu’il y a un angle optimum qui permet d’aller le plus vite possible dans la direction du vent, à une vitesse = VMGmax.

vmgEn fait il y a 2 VMGmax : une au près, l’autre au portant. Lorsqu’on dispose des polaires d’un bateau, ces angles peuvent être très facilement identifiés graphiquement : c’est l’angle où la vitesse du bateau est la plus grande dans l’axe du vent.

Par exemple pour cette polaire à 5 noeuds de vent pour l’ACC VSk5 on lit directement que :

  • la VMG au près est à 45° du vent
  • la VMG au portant est à 135

Tous les voileux ont fait l’expérience de la VMG au près : comme la vitesse de progression contre le vent est nulle, on comprend intuitivement et on expérimente facilement qu’il y a un « cap optimal » qui fait remonter plus vite au vent.

Mais comme la vitesse au vent arrière n’est pas nulle, on nourrit l’espoir qu’on ira plus vite sans empanner. C’est évidemment une erreur grossière.

Et qui plus est, tant que le cap cible est compris dans le cône de VMG, alors la route qui suit l’angle de VMG (sur un bord ET sur l’autre) est la route la plus rapide. Ca peut choquer, notamment dans les petits airs où l’angle de VMG au portant peut être de 135°, voire de 120° !

Sur le Vendée Globe Virtuel, nous sommes contraints d’éviter la Zone d’exclusion antarctique (ZEA) : ça oblige parfois à longer cette ligne avec des vents portants (on est dans l’Océan indien) quasiment vent arrière, ou presque. Et bien, la route directe est plus lente.

vendee-bernaches

Pour un 60′ IMOCA 60 du Vendée Globe, avec 25 nœuds de vent, la VMGmax est de 17,84 nœuds à 150°. Le tableau suivant indique l’écart de temps de navigation entre

  • la Vitesse en route directe (V-dir), en direction de la cible située à 100 milles,
  • le temps de parcours sur la route directe (t-dir)
  • le temps de parcours à la vitesse VMGmax avec le vent  au 150 (t-vmg), avec 1 empannage.
  • selon l’angle (gisement : cap/vent) du vent par rapport à la cible : 180° (plein vent arrière), 170°, 160°, 150° (vitesse maximale d’approche).
Cap/vent V-dir t-dir t-vmg Écart
180 15,7 6:22 5:36 12%
170 16,4 6:05 5:31 9%
160 18 5:33 5:16 5%
150 20,6 4:51 4:51 0%

L’écart est évidement le plus important au vent arrière, et reste significatif aux angles intermédiaires. 5% sur un tour du mode, c’est près de 4 jours !

Graphiquement, ça donne ça selon l’angle de vent :

route-vmg

Et donc cap2pbi a raison : s’il ne considère qu’un seul bord, ça le porte vers l’Australie ; et tort : car il faut considérer l’enchaînement des empannages qui mènent à la cible.

Ma simulation s’appuie sur les règles géométriques des triangles. Je tiens les calculs à votre disposition.

Share

Un vert en Autriche

Alexander Van der Bellen, un « Vert » libéral en culotte de peau. Certes, il a 72 ans, mais c’est pas un vert de gris.

Van der Bellen, ça fait un peu « vent des baleines » ….C’est cool !

Share

Vendée #3 – Pierre-Bénite, du riffifi aux Kerguelen

Dans cette bagarre planétaire où 430 000 skippers s’affrontent devant leurs écrans pour courir le Vendée Globe virtuel, les marins de Pierre-Bénite sont dans un mouchoir de poche en tête de course, en vue des Îles Kerguelen.

vendee-globe-pierre-benite

Nous sommes trois Pierre-Bénitains (c’est le gentilé de Pierre-Bénite) dans le groupe de tête :

  • cap2pbi (en bleu) tient la 1 400e place : Il est descendu très au Sud, pourra-t’il garder son avance ?
  • EDGE_555 (en noir, avec le petit bonhomme vert) défend âprement sa 2 600e place. Là, il lui faudrait sans doute lofer un chouia….
  • Manu-PB (en fuchsia, c’est moi, 2 750e). Voilà quelques jours que je cours derrière Edge. Je commence à croire que je vais bientôt le rattraper… J’empannerai cette nuit à 3 heures, après être « rentré profond dans le refus » (sic) ;-).
  • Et en noir avec le bonhomme orange, c’est Canard 44 qui me nargue depuis des jours : nous étions bord à bord au Cap Vert. Il n’est pas de Pierre-Bé, mais de Loire-Atlantique, une patrie de marins aux cales souillées.

J’imagine arriver au Cap Horn avant eux. Et je crois bien que je les dépasserai bien plus tôt que ça. On parie ? Rendez-vous d’ici jeudi 8, au sud du Cap Leeuwin…

Il y a 3 jours, je vous aurais aussi parlé de mes amis affiliés à la Base Nautique de Sciez ou riverains du Lac Léman (côte France) : c2ny, BNS, marc-opolo, ARJ 74, … . Las, mon dernier et très vénérable compétiteur  CCH-74 a choisi une route très Nord qui le pénalise provisoirement, et je me retrouve pour l’instant seul en tête de notre classement.

Share