François – L’homme du pays des hommes libres ?

Nous avons élu François IV(*) qui, il faut bien le reconnaître, a peine à convaincre. Pour faire diversion, nous venons d’assister à la piteuse bataille des François V.

François « déroute » ayant trop top capitulé sur l’autel de ses propres valeurs, ne restaient alors en lice que (Jean-) François « copie » (du FN) et François « fuyons » (de ses responsabilités). A 98 voix d’écart, c’est un désastre.

Nul ne doute désormais que – si la gauche déçoit – la droite vient de se tirer un balle dans le pied. Marine et Jean-Louis rigolent et se frottent les mains !

Votez !

* : Selon Alexandre Adler : François 1er (1494 – 1547, qui a régné à partir de 1515 ) ; François 2 (1544 – 1560, qui a régné 1 an) ; François Mitterrand (1916, 1996, qui a régné à partir de 1981) ; François Hollande (1954 – , qui règne depuis 2012).

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La Loi de (dé)Jante

J’écoute sur France-Culture « VILLE-MONDE STOCKHOLM (2) » et je découvre avec effroi mêlé de stupeur (à moins que ce soit l’inverse ?) la « Loi de Jante » (Janteloven),un code de conduite profondément ancré dans les pays nordiques.

  • Du skal ikke tro du er noget ! – Tu ne dois pas croire que tu es quelqu’un de spécial !
  • Du skal ikke tro du er lige meget som os ! – Tu ne dois pas croire que tu vaux autant que nous !
  • Du skal ikke tro du er kloger en os ! – Tu ne dois pas croire que tu es plus malin / sage que nous !
  • Du skal ikke innbille dig at du er bedre en os ! – Tu ne dois pas t’imaginer que tu es meilleur que nous !
  • Du skal ikke tro du ved mere en os ! – Tu ne dois pas croire que tu sais mieux que nous !
  • Du skal ikke tro du er mere en os ! – Tu ne dois pas croire que tu es plus que nous !
  • Du skal ikke tro at du duger til noget ! – Tu ne dois pas croire que tu es capable de quoi que ce soit !
  • Du skal ikke grine af os ! – Tu ne dois pas rire de nous !
  • Du skal ikke tro at nogen kan lige dig ! – Tu ne dois pas croire que quelqu’un s’intéresse / s’inquiète à ton sujet !
  • Du skal ikke tro du kan lære os noget ! – Tu ne dois pas croire que tu peux nous apprendre quelque chose

J’hallucine !

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En mer, le plus grand danger c’est la terre

quitter le quaiCarol – ce n’est pas son nom véritable mais j’ai tellement aimé « Mensonge sur le divan » d’Irvin Yalom – m’écrit :

« Je me prépare à quitter un quai sans encore connaître mon cap. L’expérience est enrichissante mais douloureuse. »

Bienvenue !

Une sagesse de marins (bretons) :

« Il vaut mieux savoir où on est sans savoir où on va que de savoir où on va sans savoir où on est. »

J’aime bien à ce sujet le commentaire de Claude Obadia, même s’il me parait trop exigeant sur la question de « faire le point ». Vous quittez le quai ? Alors c’est parce que vous avez pris la décision qui est ajustée : renoncer à continuer à souffrir sur ce rivage.

Il va se passer sans doute un peu de temps avant que vous ne voyiez s’ouvrir à vous des espaces de choix : ils se révèleront à vous et vous pourrez alors les explorer.

Pour rester dans le domaine nautique que vous avez proposé, ces deux autres sagesses vous seront utiles pour la route. La première nous parle de notre capacité à « construire de nouveaux repères » :

« Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’il va changer, le réaliste ajuste ses voiles. »

Et sans doute la plus importante, puisqu’elle nous parle métaphoriquement de nos résistances aux transitions que nous devons « éprouver », en acceptant la fin pour permettre le renouveau :

« En mer, le plus grand danger, c’est la terre. »

Car bien entendu, l’espoir de l’exploratrice que vous êtes devenue est : « Terre ! Terre ! ». L’appréhension cèdera le pas sur l’enthousiasme lorsqu’il sera l’heure d’accoster sur un nouveau rivage.

Carol, je vous souhaite une belle navigation.

A vous votre Terre promise.

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Sophisme lacanien à propos du dilemme du prisonnier

J’ai récemment posté un article « Coopération et théorie des jeux » sur www.coach-abondance.com, et Ornella – qui est très vigilante à tout ce que j’écris  – m’a fait part d’une recherche signée de Jacques Lacan qui parle aussi de prisonniers. Oui, c’est un fait, nous sommes pour la plupart d’entre nous prisonniers de nous-mêmes.

Avant de vous livrer le lien vers ce très beau texte intitulé « Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée – Un nouveau sophisme« , permettez-moi de vous livrer l’énoncé du problème selon les termes mêmes de Jacques Lacan :

Le directeur de la prison fait comparaître trois détenus de choix et leur communique l’avis suivant :

« Pour des raisons que je n’ai pas â vous rapporter maintenant, messieurs, je dois libérer un d’entre vous. Pour décider lequel, j’en remets le sort à une épreuve que vous allez courir, s’il vous agrée.

« Vous êtes trois ici présents. Voici cinq disques qui ne diffèrent que par leur couleur : trois sont blancs, et deux sont noirs. Sans lui faire connaître duquel j’aurai fait choix, je vais fixer â chacun de vous un de ces disques entre les deux épaules, c’est-à-dire hors de la portée directe de son regard, toute possibilité indirecte d’y atteindre par la vue étant également exclue par l’absence ici d’aucun moyen de se mirer.

« Dès lors, tout loisir vous sera laissé de considérer vos compagnons et les disques dont chacun d’eux se montrera porteur, sans qu’il vous soit permis, bien entendu, de vous communiquer l’un à l’autre le résultat de votre inspection. Ce qu’au reste votre intérêt seul vous interdirait. Car c’est le premier à pouvoir en conclure sa propre couleur qui doit bénéficier de la mesure libératoire dont nous disposons.

« Encore faudra-t-il que sa conclusion soit fondée sur des motifs de logique, et non seulement de probabilité. A cet effet, il est convenu que, dès que l’un d’entre vous sera prêt à en formuler une telle, il franchira cette porte afin que, pris à part, il soit jugé sur sa réponse. »

Ce propos accepté, on pare nos trois sujets chacun d’un disque blanc, sans utiliser les noirs, dont on ne disposait, rappelons-le, qu’au nombre de deux.

Comment les sujets peuvent-ils résoudre le problème?

D’accord, il faut s’y prendre à (au moins) 2 fois pour comprendre l’énoncé. Ben oui, c’est Lacan… Relisez quand même, sinon le reste vous paraîtrait un peu fade.

La solution « parfaite »

Êtes-vous prisonnier(e) de votre impatience ? Inspirez … expirez. Inspirez, … expirez…. Le meilleur est à venir !

Après s’être considérés entre eux un certain temps, les trois sujets font ensemble quelques pas qui les mènent de front à franchir la porte, chacun d’eux affirmant avoir un disque blanc. Ils sont tous les trois acquittés. C’est cool, non ?

Pour comprendre et aller plus loin (rappelez-vous, il est aussi question de sophisme !), je vous invite à lire l’article complet.

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