Au fait, qui est Charlie ?

Des 3,7 millions de Français qui ont manifesté hier, beaucoup affirmaient « je suis Charlie ». Comme ça fait beaucoup de Charlie, il est légitime de se demander « qui est Charlie ? »

Précisément, je me demande s’il s’agissait d’une « foule » ou d’une « assemblée » ?

Au sens de la théorie organisationnelle de Berne, (TOB), une foule est composée d’individus qui ont le même objectif mais interagissent peu pour le réaliser. Les quelques échanges courtois ou complices que j’ai eu avec mes voisins de cortège m’ont paru être plutôt le signe de la bienveillance mutuelle, et moins d’un sentiment d’appartenance qui caractériserait une assemblée.

Bien sûr, il y avait ceux qui étaient là, et ceux qui n’y étaient pas, dont ceux que j’ai croisé dans le métro en rentrant, qui allaient au match de foot. J’ai peine à croire qu’ils étaient préoccupés par le même combat ?

Ensuite, était-ce une manif « pour » ou « contre » ?

  • « Pour », c’est l’espoir d’un « sens » qui pourrait survivre plus d’une semaine, enflammer un peuple. Étions-nous là tous pour les mêmes raisons ? Je ne le crois pas. C’est pas si grave si nous poursuivons l’échange.
  • « Contre », en réaction éphémère à l’horreur, en sursaut d’humanité. Pour combien de temps si cette flamme n’est pas entretenue ?

J’invite nos politiques à nous donner envie de poursuivre le débat.

Agir

Hasard ? Synchronicité ?

Au moment où je m’appète à lancer un nouveau service destiné à mes confrères consultants formateurs et coachs, je suis interpelé par deux injonction qui me bousculent :

  • Jean-Jacques Rousseau nous dit « L’Homme n’est pas fait pour méditer, mais pour agir » .

Pour moi qui suis plutôt contemplatif, c’est un choc ! Comment, il faudrait donc faire pour exister ? Moi qui crois si fort que le chemin précède le but….  Oui, je l’admets, rien ne vaut aux yeux du monde la réalisation de ses rêves. Comme le dit Olivier de Kersauson, qui n’a pas écrit que des âneries, « Alors parfois, au fil des vagues, on redevient ce premier homme, jusqu’à retrouver son regard, sa naïveté primordiale, son inconscience, et en recevant, comme un cadeau colossal, quelque chose qui n’a pas de nom, pas de limite, que malhabilement j’appelle le souffle du Monde » . Il ne parle pas, je crois, d’un idéal mais de la vraie vie.

Et puis ceci :

  • « On n’agit pas pour donner du sens à notre vie. On agit parce que notre vie a du sens. » .

C’est le Pasteur de l’Oratoire du Louvre qui dit ça. Exégèse mise à part, j’entends le paradoxe. Celui qui fait dire à Nietzsche : « Du sollst der werden, der du bist » . C’est tellement clair : notre vie a du sens ! Notre sens. Merveilleux, non ? Plus besoin de (faire semblant de) croire que le sens est exogène. Le sens EST. C’est un pasteur qui le dit, et ça fait sens.

Agir !